Une pincée de #RPGaDay2018 – Semaine 2

Je continue à répondre à une question par semaine sur ma pratique rôliste via le #RPGaDay !

La première semaine se centrait sur le « what ? » ( « qu’est-ce que… ? » ), cette semaine c’est le « how » ( « comment » , « de quelle manière » ) qui est à l’honneur !

La semaine 3 et la semaine 4 sont en ligne aussi !

Jour 6 – De quelle façon des joueurs peuvent-ils aider à rendre un monde plus vivant ?

Evidemment, ça change énormément d’un système à l’autre. Dans des jeux qui incluent du Worldbuilding (de la construction d’univers en commun), en s’impliquant dedans, en mettant dans l’univers des choses qui nous intéressent réellement et pas seulement des généralités. Oser dire que des chats mutants ont un gros potentiel, c’est pas donné à tout le monde ! Donc en faisant confiance à ce que les autres proposent et en proposant soi-même des éléments qui sont réellement engageants.

Ensuite, en créant un personnage qui prend en compte les enjeux et les spécificités de l’univers joué. Plutôt que de prendre le même personnage à travers tous les univers joués, bien lire la présentation de celui-ci ou écouter la personne introduisant l’univers permet de prendre des accroches. Noter un ou deux éléments qui retiennent l’attention et les prendre en compte en jouant.

Enfin, en se renseignant sur l’univers joué (s’il préexiste à la partie) et, de toute façon, en l’utilisant concrètement en jeu. Si on joue dans un jeu Cyberpunk, ne pas hésiter à introduire des marques, de la technologie et de la crasse dans ses descriptions. Si on joue à Tenga, parler de son Daimyo plutôt que de son Seigneur. Demander si on peut mettre une musique d’ambiance pour jouer une scène à laquelle on a pensé, ou proposer un thème musical pour son personnage. Ce genre de chose.

Jour 7 – De quelle façon un ou une MJ peut rendre les enjeux plus importants ?

Dans le cas d’un jeu n’ayant pas de scénario pré-écrit, j’écoute ce que veulent les joueurs et joueuses à ma table. Je lance quelques pistes et je vois ce qui accroche et ce qui est laissé de côté. Je m’efforce de ne pas ramener au forceps un PnJ ou un enjeu qui a fait flop la première fois, même s’il me tient à cœur. Parfois je le garde dans ma manche pour réessayer plus tard, quand la situation des PJ aura changé. Mais je garde en tête que les personnages des joueurs et joueuses sont au centre de ce qui se vit à table. Les laisser se lier à des PnJ, s’investir dans des causes, construire est la meilleure méthode pour savoir où taper, avec quoi jouer. Jusqu’à présent, j’ai presque toujours eu des réactions fortes des joueurs et joueuses à table.

Dans le cas d’un scénario pré-écrit, ça peut être plus compliqué. Ce que je fais dans ces cas-là, c’est d’identifier lors de la préparation des PnJ ou des enjeux-clés. Soit je demande explicitement à la création que les PJ soient liés à ce PnJ ou cet enjeu – autant être clair que de vouloir être trop fin. Soit je m’arrange pour que rapidement, les PJ aient l’occasion de se lier au PnJ ou à l’enjeu : sauver le PnJ d’un mauvais pas, comprendre la détresse des habitants et la nécessité de les aider, etc. Des petites scènes qui introduisent des enjeux l’air de rien. Sur Sens, ça m’a beaucoup aidé. Et ça a assuré ensuite que ces enjeux soient acceptés et investis par la table.

 

Jour 8 – Comment faire pour attirer plus de joueurs et de joueuses dans le hobby ?

Je pense que la meilleure manière pour attirer des gens vers le jeu de rôle est de créer un cadre bienveillant où iels se sentiront accueillies et accueillis, tout simplement. J’ai l’impression que pour le moment, le jeu de rôle atteint une maturité et une diversité dans sa production qui inclut beaucoup de gens : à côté des jeux qui favorisent un sentiment d’évasion et d’aventure (D&D, L’Appel de Cthulhu, Vampire) fleurissent des jeux explorant l’intime et le « petit » (Happy Together, Ribbon Drive, Breaking the Ice) ou ayant un propos fort qu’ils mettent en avant (Night Witches, Dream Askew, Happy End – en création).

A côté de jeux aux mécaniques lourdes et exigeantes mais permettant un réel plaisir de l’optimisation et de la maitrise du système (D&D, Tenga, Dogs in the Vineyard), on trouve de plus en plus de systèmes simples, qu’on prend en main en quelques minutes et qui donnent juste les appuis qu’il faut pour créer (Inflorenza, SphynxSombre).

Il me semble que ce à quoi il faut travailler maintenant, ce sont deux choses. D’une part, au quotidien, valoriser les pratiques et sensibiliser les rôlistes à l’importance du respect des différences. Régulièrement, des groupes Facebook comme Discussion de Rôlistes s’enflamment sur des différences d’opinion exprimées très violemment. Pourquoi ne pas rester courtois et discuter réellement de ce qui nous dérange ou nous questionne dans la pratique de l’autre ? Pourquoi ne pas se réjouir que le jeu de rôle explore des possibles toujours plus grands, atteigne une certaine maturité ? Faut-il pour cela exclure les intolérants, je ne sais pas. Dans mon expérience, beaucoup de gens sont prêts au dialogue si on fait le premier pas vers eux, si plutôt que des les insulter on leur demande calemement de clarifier leur propos. Je trouve ça plutôt encourageant.

D’autre part, plus ponctuellement, organiser des événements qui représentent et mettent en avant cette culture de l’inclusion, cette affirmation que tout le monde a sa place dans le hobby tant que chacun et chacune est respectueux ou respectueuse de son prochain. A ce titre, la création de conventions comme la Queervention de Rennes me parait génial.

Queervention

Et puis soyons honnêtes, si j’ai ouvert ce blog c’est aussi pour parler de ce genre de choses. Une bonne manière d’inclure des gens dans le jeu de rôle, c’est de multiplier des espaces de paroles divers, pour que chacun et chacune y trouve son compte. Plusieurs non-rôlistes m’ont déjà dit qu’iels lisaient au moins une partie de mes articles et que dans certains cas, ça créait une curiosité, une envie d’essayer le jeu de rôle. Génial, non ?

 

Jour 9 – De quelle façon un jeu vous a-t-il surpris ?

Une de mes dernières grandes claques en date, ça a été Démiurges, de Frédéric Sintès. Pour être honnête, j’avais un a-priori très positif sur le jeu : j’ai lu presque tous les articles de Sintès, j’adore Prosopopée, …

#RPGaDay2018Mais malgré cela, je ne pensais pas que le jeu serait aussi efficace. Dès la création de personnage et le choix du « type de démiurgie » pratiquée par le personnage, des questions arrivent. Mon personnage est alchimiste du corps, donc il peut changer son apparence à volonté. Spontanément, je me suis demandé s’il restait attaché à une apparence comme étant « son » apparence où si il changeait à volonté. Rapidement, je lui ai découvert des identités multiples en fonction des cadres où il évolue : un jeune garçon au lycée, une femme d’une trentaine d’années pour une vie nocturne plus animée, un combattant de MMA quand il veut se défouler, … Mais qui est-il au fond ? Tout ça ? Plus encore ? Autre chose ?

C’est la première fois, je pense, qu’un jeu m’envahit tellement dès la création de personnage. Tout est signifiant, tout porte les germes de questions morales à se poser par la suite, tout est matière à jeu. De ce point de vue, Démiurges est un pur plaisir.

 

Jour 10 – De quelle façon ce hobby vous a-t-il changé ?

C’est compliqué de répondre, parce que je le pratique depuis longtemps, que j’ai eu des périodes de creux et qu’il m’a apporté des choses différentes à différents moments de ma vie. En plus, pour moi les qualités développées par le jeu de rôle et l’improvisation théâtrale sont proches. Ecoute de soi et des autres, travail de l’imagination, construction collective, élocution, etc. Le jeu de rôle peut servir dans un cadre pédagogique de bien des façons parce qu’il allie des apprentissages importants avec une grande ludicité.

Je vais donc dévier un peu de la question, ne pas parler de la curiosité développée pour des styles musicaux, des questions de mise en scène et de création d’une narration, pour me concentrer sur ce blog et ce qui l’a entouré.

En septembre 2017, je suis parti trois mois en Amérique latine. Je venais de finir mes études de théâtre et j’avais peur de me lancer professionnellement, de me casser les dents. Pendant ce voyage, l’idée d’un blog de jeu de rôle a fleuri. D’une part parce que ça me maintiendrait occupé. D’autre part parce que je pensais avoir deux-trois choses à dire, des choses que je voulais voir sur la blogosphère francophone de jeu de rôle et que je ne trouvais pas : des critiques bien fournies, une présentation convenable de l’improvisation théâtrale à des rôlistes, donner la parole à des gens qui font un boulot formidable, ce genre de chose..

En décembre, je reviens d’Amérique latine et c’est le grand vide. Je ne sais pas par où commencer mes recherches d’emploi, ça ne va pas fort avec ma copine de l’époque, je dois retourner vivre chez mes parents, … Je me réfugie un peu dans le jeu de rôle, avec les Courants Alternatifs – une communauté dont j’ai déjà pas mal parlé ici, à laquelle je consacrerai peut-être un futur article. Et aussi avec beaucoup de théorie, beaucoup de parties, etc. Mais tout ça reste passif. Et face à la peur de m’enfoncer dans la procrastination, je décide d’ouvrir ce blog. Ce qui en soi est de la procrastination par rapport à mon « vrai » métier d’acteur, mais bon.

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Le 30 janvier, je poste une première critique – Lady Rossa. J’avais envoyé en relecture à plusieurs personnes qui m’avaient donné un feu vert enthousiaste. Et je lance le blog, avec la promesse que pendant deux mois, je posterai un article par semaine. En général, ce genre de pari avec moi-même tient peu de temps. Les bonnes résolutions s’écroulent, les chouettes initiatives meurent – d’ailleurs un ami m’a dit ouvertement « on verra ! » en lisant ma promesse…. Mais là, c’est différent. Là, j’ai un retour très positif d’un petit bloc de gens dont certains que je connais très peu et essentiellement via le jeu de rôle, dont l’auteur de Lady Rossa, Macbesse, qui lâche un commentaire aussi laconique qu’élogieux sur ma critique de son jeu. On me demande sur quoi portera le prochain article, on discute de ceux qui ont été postés avec moi. Parfois ça m’ennuie, comme quand on fait de moi « Mr Performance » parce que je parle de s’améliorer en JdR. Souvent, ça me porte.

Et je tiens. De février à avril, un article est mis en ligne chaque mardi. Je prends goût à ce petit exercice de me demander le mercredi ce que je vais bien pouvoir poster la semaine d’après. Ca me pousse à parler d’impro, à exposer des idées que j’ai (dont les signes gestuels), à prendre des risques (ma première mini-shitstorm suite à l’article sur l’analogie du foot ❤ ). Bref, je fais quelque chose. Ca me pousse, même si c’est pas grand chose. Toutes les semaines, je vois les vues monter et je sens que je tiens un truc.

Banksy fleurs

Aujourd’hui je poste moins souvent parce que ma vie professionnelle décolle. Je commence un mi-temps à durée indéterminée en septembre, j’ai été engagé pour mettre en scène des animations dans un parc d’attraction pour Halloween, je suis assistant metteur en scène et comédien sur plusieurs projets, porteur de projet sur d’autres. Je vais peut-être écrire des articles rémunérés (une somme symbolique, certes) pour un magazine de jeu de rôle célèbre. Du coup j’ai moins de temps pour ce blog. Mais je garde au cœur ce qu’il m’a apporté d’essentiel : la preuve que je pouvais le faire. Que j’avais des capacités d’écriture, d’analyse, de partage de cette passion qu’est pour moi le jeu de rôle. Que j’intéressais des gens autour de ça.

Aujourd’hui, ça m’est très précieux.

 

Jour 11 et 12 – Quel sont les nom et concept de personnages les plus fous que vous ayez vus ?

Je ne vois très honnêtement pas trop l’intérêt de répondre à ces questions. Je rêve encore de jouer à Mantoïd Universe. En attendant, joker.

 

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